La cloche a sonné

la cloche

Victor a toujours voulu s’impliquer dans la scolarité des enfants, et ce voyage est pour lui l’occasion rêvée de leur faire l’école. Pour Aude il s’agit moins d’un objectif du voyage que d’une activité qu’elle espère avoir plaisir à partager avec Candice et Georges.

Pour l’enseignement à distance, nous avons choisi l’école Sainte-Anne, plus exigeante en Français que le CNED, et espérons ainsi pouvoir donner de bonnes bases aux enfants.

Comme l’expédition en Camping-Car laissera peu de temps pour les études, nous avions décidé de débuter l’année fin Juillet pour reprendre ensuite les grandes vacances de mi-août à fin septembre.

Sur le papier tout est facile : les enfants seront ravis que le Maître ou la Maîtresse s’appelle Papa et Maman, ils auront envie d’apprendre à lire, à jongler avec les opérations, à dominer les règles de grammaire et d’orthographe… Victor veut avant tout leur apprendre à réfléchir par eux-mêmes, et il leur fait réciter ce que répétait Raymond Barre à ses élèves de Sciences Po : « Je ne suis pas là pour vous apprendre un résultat, je suis là pour vous apprendre une méthode ».

Sur le papier, tout est magique donc, facile, léger… sauf que quand Maxime a sonné la cloche pour la première fois le lundi 18 Juillet, l’affaire s’est vite compliquée…

Candice, qui rentre en CE2, est studieuse, très appliquée, elle déteste se tromper, et elle apporte le plus grand soin à la présentation… et met donc un temps fou à faire les exercices écrits, qu’ils soient à envoyer à la correction à distance ou non. Georges, qui débute le CP, présente une série de traits de personnalité qui vont vite se révéler difficiles à gérer. Bien préparé en grande section par un super enseignant, il est vite évident qu’il a déjà vu les bases des premières semaines de CP, notamment la lecture des lettres, le dénombrement de 1 à 9, et les opérations d’addition et soustraction avec ces chiffres. Donc il a tendance à bâcler ces exercices, et exige de faire des choses plus difficiles, comme des opérations à 2 chiffres sur le boulier. Mais notre petit bonhomme n’aime pas l’échec, surtout devant les autres, et se met facilement en colère quand il rate des choses, ce qui arrive très souvent quand on découvre de nouvelles notions. Et il a certainement encore plus envie de jouer à la colère quand le Maître s’appelle Papa. Nous sommes donc partis sur un rythme très honorable d’une ou deux colères par jour, avec suspension de séance, bataille rangée, armistice, et enfin reprise… Par ailleurs, pour que les séances ne s’éternisent pas, nous avons décidé de regrouper les leçons de science, histoire et géographie pour les 2 enfants, et donc laisser Georges écouter les leçons de Candice… qui donc se vexe quand Georges répond à sa place… et comme Georges ne peut pas se taire très longtemps, la gestion de ces leçons devient donc rapidement une cellule de crise !

Le plus gros problème réside en fait dans la nécessité de faire les cours aux 2 enfants en même temps, mais à deux niveaux différents. En théorie Candice, qui sait lire et écrire, devrait pouvoir lire les énoncés des exercices, et les faire ensuite se manière relativement « autonome ». Pendant qu’il est nécessaire de passer plus de temps avec Georges pour le canaliser et le guider dans les exercices. En pratique, l’autonomie de Georges sur un exercice n’excède pas 5 minutes, ce qui laisse peu de temps pour expliquer les leçons à Candice, et la lancer sur des exercices. Et notre petite Candice, quand elle est livrée à elle-même, a tendance à ralentir la cadence jusqu’à la panne sèche, si bien qu’une intervention est nécessaire toutes les 5 minutes pour redémarrer le moteur…

Après 2 semaines de tâtonnements, Victor commence un peu à sortir la tête de l’eau. Notamment, les sessions communes ont été fixées à une durée de 2 heures, puis Georges est libéré (de prison ?), pour pouvoir ensuite consacrer la 3ème heure à Candice, ce qui permet de bien avancer. Les satisfactions concernent surtout les leçons d’histoire, très vivantes, l’apprentissage de poésie qui plait aux enfants, et les opérations et calcul mental vécues comme un vrai jeu. Les séances d’écriture, et les interminables dictées et exercices écrits d’orthographe, grammaire, et conjugaison, tiennent malheureusement encore beaucoup trop de la punition, et la solution magique n’est pas encore sortie de sa lampe. J’espère que l’année ne se passera pas à menacer de punition ou promettre des cadeaux pour obtenir des résultats…

2 commentaires sur « La cloche a sonné »

  1. Ouais, en fait, vous êtes en train de nous dire que prof, c’est un vrai métier ? Merde, moi qui voulais continuer à les prendre pour des grosses feignasses…

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