La vie en camping car

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Voici 10 jours que nous sillonnons les parcs nationaux de l’Oregon, beaucoup moins fréquentés que ceux de la Californie, et garons le plus souvent notre camping-car dans les Campgrounds des parcs nationaux, à Crater Lake, Klamath Falls, Lassen National Parc, etc…

Nous retrouver à six pour la première fois dans ce camping-car marque pour nous le début du voyage. Nous perdons vite la notion des dates ; les journées se succèdent sans se demander quand viendra le retour et nous apprenons à vivre au rythme seul des quatre biberons d’Emile. Quatre enfants en principe laissent peu de liberté pour entreprendre autre chose que la logistique autour des repas, des douches, et de leurs activités. Mais les uns sur les autres dans cet espace réduit, il nous semble que nous apprenons à vivre avec les enfants plutôt que de simplement nous occuper d’eux. Ce temps que nous n’avons pas l’habitude de leur consacrer en totalité, ils nous le rendent en étant beaucoup plus serviables, moins capricieux, et en jouant beaucoup ensemble. Chaque nouveau camping est une occasion pour eux de construire de nouvelles cabanes, d’imaginer des histoires et des jeux. Emile suit l’activité de la famille sur son transat et ne demande pas grand-chose d’autre que les baisers de ses frères et sœurs et ses quatre biberons par jour.

Nous découvrons donc tous ensemble des routes immenses, des paysages magnifiques, à perte de vue. Nous ne croisons personne pendant des miles. La nature dans les campings publics au cœur des parcs nationaux est quasi-vierge, et les quelques installations communes extrêmement soignées et propres. Chaque visiteur dispose d’un espace personnel immense, avec barbecue, table et bancs, si bien que nous ne voyons à peu près personne. Le peu d’installations nous oblige à alterner parfois avec des campings privés, à l’extérieur des parcs, pour recharger les batteries et faire les vidanges, mais c’est à contrecoeur. Les journées sont rythmées par les balades tôt le matin, parfois pour voir le soleil se lever, les fins d’après-midi avec la préparation du feu et le spectacle du coucher du soleil, puis le diner dans la nuit noire, éclairés simplement par le feu et les étoiles. Ce calme ambiant nous éloigne de notre vie parisienne hyper-connectée, et même les enfants ne pensent pas à réclamer les tablettes.

Les journées se ressemblent mais chaque destination apporte un nouveau décor et des nouveaux buts de balade. Les moments routiniers sont presque rassurants tant nous nous sentons coupés du monde. Seuls les arrêts « connectés » nous raccrochent à notre vie citadine. Pourtant nous ne sommes pas partis depuis longtemps, mais le mode de vie nous plonge très rapidement dans une réalité où les repères sont très différents : où trouver du bois pour faire un feu ce soir ? Reste t’il de l’eau ? Les réservoirs à vidanger ne sont-ils pas pleins ? Une session machine à laver n’est-elle pas indispensable ? Voyager pendant un an nécessite de limiter les valises et quand pendant plusieurs jours nous n’avons pas de machine, cela revient à porter notre seul pull chaud pendant un certain temps, malgré la poussière des parcs et des bois où nous campons la plupart du temps.

Le climat varie beaucoup d’un lieu à l’autre, l’altitude aussi. Il peut faire très chaud pendant la journée et froid le soir. Tout le monde doit s’adapter à ces changements et au rythme d’Emile qui n’a pas encore 5 mois. Il n’aime pas la chaleur, supporte mieux le froid avec un bon pull, mais craint les moustiques. Il accepte de décaler ses siestes quand le programme l’oblige, mais les petites randonnées avec lui sur le dos ne lui plaisent pas trop quand il a envie de dormir ! S’adapter veut dire se promener plus tôt le matin, se relayer entre nous pour garder Emile et parfois Maxime (qui a beau « être grand », trouve souvent que tout est loin) et conduire pendant les heures chaudes de la journée. Nous avons recréé un nouveau rythme qui nous guide chaque jour. La nuit, tout le monde dort et plutôt tôt, à peine entassés car les R-V américains sont des super transformers, comme le disent les enfants, qui laissent à chacun son espace.

Les prochaines étapes dans les zones plus touristiques, notamment la boucle autour de Las Vegas (« L’Age de Glace » selon les enfants), apporteront certainement une autre atmosphère, mais cette phase initiale de dépaysement total nous semble une manière idéale de démarrer cette année pas comme les autres.

 

2 commentaires sur « La vie en camping car »

  1. Magique ! Faites gaffe, à Las Vegas, y a plus de monde au camping ! Mais c’est Elvis Presley qui garde Émile ! Et ça, c’est classe !

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  2. Papa. Aude, ton récit est vraiment parfait! C’est précis, vivant, concret, expressif, tout ce dont on a besoin à distance! Rappelez-bien votre parcours, routes, parcs, villes traversées pour que l’on puisse vous suivre sur nos cartes lointaines…Je t’embrasse et je vous embrasse tous de tout coeur!

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