Quel avenir pour l’automobiliste parisien

Je commence par un premier thème qui fait le quotidien de notre installation à San Francisco : le transport. Sujet d’actualité à Paris, et tellement constitutif de la qualité de vie dans les grandes capitales. Ironie de l’histoire, nous venons de passer 5 semaines à vivre dans une grosse voiture avec des lits, à rouler 4 heures par jour, dans un pays où l’univers semble construit autour de la voiture-reine. A Paris, je ne peux imaginer la vie sans mon scooter pour mes déplacements quotidiens en banlieue, entre Puteaux, Meudon, Asnières, Aubervilliers, Ivry… les bouchons rendant l’usage de la voiture quasi impossible, et la pratique des transports en commun n’étant envisageable qu’à condition de diviser mon activité par 2. Et en fin de semaine, impossible de nous passer de notre voiture pour partir en week-end en trimbalant une famille de 4 enfants.

Et pourtant, quel avenir pour ce mode de fonctionnement à Paris ? J’ai l’impression d’être à la fois la première victime de la fermeture des voies sur berges (en tant que chef d’entreprise basé à Puteaux et commutant entre Paris et différentes villes du 92), et en même temps, je n’arrive pas à imaginer un futur viable en société à Paris sans réduire drastiquement la place de la voiture, les bouchons, la pollution, etc… il me semble que la solution ne peut passer que par une amélioration significative des transports en commun, couplée aux nouvelles solutions de mobilité dans des véhicules privés, partagés, avec de nombreuses initiatives en cours. Et également par la réduction des déplacements, dans une vie où on résiderait près de son lieu de travail, comme il y a bien longtemps avant les moyens de transports motorisés personnels.

Pour mieux me rendre compte des solutions à San Francisco, ville pionnière en la matière et siège d’Uber, nous décidons de nous passer de voiture pendant 3 mois, sans renoncer à nos déplacements. Des déplacements nécessaires pour emmener les aînés à l’afterschool à 4km, retourner les récupérer, enchaîner les rendez-vous pour Victor, visiter la ville pour Aude, partir en week-end, sortir le soir, etc… C’est l’occasion de tester les transports en commun locaux. D’abord prendre le bus, tram, et BART (train souterrain rapide). Après un enthousiasme initial, nous avons vite l’impression de passer notre temps à attendre des bus qui ne sont pas souvent à l’heure… Nous testons UberPool, le partage de la course divisant son coût par 2. Ou encore Chariot, qui définit des itinéraires desservis car très demandés, et groupe les utilisateurs dans des vans, le prix de la course pouvant descendre à 3$. Nous utilisons également des app qui comparent le temps de trajet entre les moyens de transport, y compris Uber et Lyft, en indiquant le coût de chaque trajet. Etc…

Reste la décision de nous passer d’une voiture permanente pour les déplacements en famille et les départs en week-end. Décision facilitée par l’analyse du coût d’une location de voiture à plein temps pendant 3 mois, coût auquel s’ajoute la location éventuelle d’un parking, la difficulté de comprendre les règles locales de stationnement, les soucis de recherche de places de parking dans une ville qui en manque, les éventuels PV, fourrière, etc… En listant les ennuis du titulaire de voiture, je me rends compte que cela me rappelle notre situation à Paris, sauf qu’à Paris il me semblait impossible de me passer de ma voiture ! Un rapide calcul, jamais fait auparavant, me montre que notre budget voiture annuel, à Paris, tout compris, est équivalent à celui de la location d’une voiture 30 week-end par an et tout le mois d’Août, tout compris. Ça fait réfléchir…

Premier test samedi dernier. Je ne suis malheureusement pas éligible à ZipCar ou CityCar Share, les sites de location de voitures dédiées à la location, à l’heure ou à la journée, avec des voitures garées à proximité, ouvertes via smartphone. Motif : pas de permis US ou pas de carte de paiement américaine. Je me tourne alors vers la location classique, et doit aller récupérer en agence en centre-ville notre voiture pour l’excursion de la journée. Le samedi matin pour une agence de location de voiture semble être équivalent au 15 Août au péage de St Arnoult… 1h30 de queue et donc 2h30 entre le moment où je quitte la maison, et celui auquel je reviens, passablement énervé, récupérer le reste de la famille… Il me semble alors que le frein principal pour l’usage régulier de la location de voiture est bien de la récupérer rapidement, à côté de chez soi, et sans attente, idem pour le retour. C’est ce que proposent les sites de location de voiture entre particulier, comme GetAround ici, ou Drivy en France. Le test est en cours avec GetAround, qui permet d’ouvrir les voitures avec son smartphone, comme le propose désormais Drivy en France.

Nous sommes donc clairement en présence d’un marché d’avenir, je suis en passe d’être convaincu en tant qu’utilisateur, mais reste-t-il des opportunités à prendre sur un marché déjà embouteillé, avec des acteurs établis dopés aux millions des fonds d’investissements US? Ma première réaction est de me dire qu’il est trop tard pour moi, et qu’il vaut mieux passer mon chemin…

Et puis, en regardant à nouveau ce marché en explosion avec mon expérience immobilière (UrbanFootball étant une société qui propose à des particuliers de jouer au football, mais dont le métier sous-jacent est en fait la création et la gestion d’un parc immobilier), je me dis que plus l’utilisation de la voiture à Paris va devenir impossible, moins il sera intéressant de posséder sa voiture. Donc en parallèle de l’essor des sites de location entre particulier, il faudra bien que certains continuent à détenir et gérer l’actif que représente la voiture, son entretien, le parking, etc… Il y a peut-être des activités à développer autour de la gestion des flottes mises à disposition des sites de type Drivy ou GetAround, entretien de ces véhicules, parking etc… Avec une stratégie immobilière autour des parkings, qui pourraient être eux-mêmes mis en location sur des plate-formes spécialisées comme OpnGo vient d’en lancer une. Reste à trouver des parkings où ces activités seraient possibles… Rien ne dit à ce stade qu’il y ait un business model intéressant, mais l’idée vaut sûrement la peine d’être étudiée…

1 idée, 1…

6 commentaires sur « Quel avenir pour l’automobiliste parisien »

  1. Avant notre départ, nous avions vendu la voiture.
    Heureusement, j’ai toujours le scooter… mais le soir ou week-end, quand nous sortons/partons tous les 4, c’est :
    – scoot
    – velib
    – location de voiture électrique (ZipCar) ou Autolib en fonction de la duréé et des kms
    – train + location de voiture
    – nous n’avons pas encore resté le Macron Bus…

    Mais la vie sans voiture en ville, c’est possible…
    En province ou à la campagne, ca devient plus compliqué.

    Bonne continuation

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  2. L électrique !, après 2 semaines en bmw i3 on voit bien que c est une partie de la solution.
    On a le droit de réserver sa place Autolib’ 1:30 à l avance, on recharge pur 5€, plus besoin d’aller en station service, plus d’entretien ou presque, niveau performances: ça arrache, pas de bruit.
    Pour toi c est la Tesla X 😁 Et le scooter BMW électrique. Voilà il ne te reste plus qu’à faire un beau chèque 😱
    En attendant l auto partage électrique pour tous.

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  3. hello Victor,
    un peu d’expérience personnelle:
    à fond convaincue pour l´expérimenter depuis plus d’1 an maintenant et on souffle ENFIN sans voiture et sans parking sans fourrière et sans prunes sans réparations exorbitantes sur notre ancien tank scénic and so on malgré 3 enfants en bas âge à trimballer( je tiens à préciser car peut être un coût en moins le parking mais le ticket résident à Paris ayant grimpé de 150% sans compter la rigidité du système l équation n est plus forcément si rentable).
    Les +: on kiffe europcar forcément ( à condition d une agence à moins de 10 min à pied j insiste et le code reduc Hachette), ses voitures livrées nickel sans traces de gâteaux de boue de sable et de tête de playmobil par terre et possiblement rendu dans un etat …moyen. Son programme de fidélité qui nous a permis de passer rapidement en statut exécutive grâce à la loc longue durée du mois d août etc. bcp de promos sur mobile ex en septembre 46€ la loc d une Diesel 2 j.
    – énorme gain économique pour nous qui ne partions pas tous les we. du coup on s’offre une semaine de plus de vacances l hiver et on la savoure !

    – gros gros gros point négatif: les 3 sièges autos qui sont vraiment pénibles à installer à chaque fois. c est vraiment le point le plus galère et le plus gros frein pour nous vu le prix que le loueur propose si on lui prend et qui ruine l équation economiQue totale.
    si on devait partir tous les we ce serait clairement ingérable.

    – pour les sorties le soir en semaine ou we on est à fond sur autolib c est génial. et meme avec les enfants exceptionnellement pour aller au jardin d acclim ( et la on est border line car on installe pas les sièges auto pour 10 min de trajet donc Yann monte à l arrière avec les 3 comme dans les années 80😱…. y a du boulot de ce côté là il faudrait vraiment que des rehausseurs et 1 siège bébé soient dispos dans le coffre de certaines autolibS ce n est pas assez optimisé pour les familles )
    et quant aux déplacements pour voir les copains un peu excentrés ( genre soirée dans un bled non desservi par autolib) on prend drivy pour 24h et 25€ rnviron
    précisions: on ne loue ni des scénic ni des vans donc cela joue aussi sur le prix ( on prend des 5 portes qui contiennent nos 3 sièges autos a l arrière, seul critère et on a plus de bagages type puériculture donc c’est aussi à prendre en compte)

    pour moi le key challenge à Paris c est vraiment le probleme des sièges auto vu que tu dois sécuriser les enfants pendant quasi 8 ans c est énorme.

    le reste du temps on part en vacances en train avec Uber aller et retour et c est top.

    On prend aussi Uber de temps à autre avec les enfants so pas autolib dispo.

    on a gagné en liberté on arrive à l heure aux dîners chez les copains au lieu de se garer thanks to autolib on peut boire de l alcool thanks to uber qui nous ramene et surtout on part 2 semaines par an au ski avec la smala grâce à toutes les fourrières réparation et autres désagréments de la voiture à Paris !

    à toutes fins utiles….

    ps: et on n’ a jamais autant conduit depuis qu on est libérés de la scénic . un comble

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  4. Article sur la location de voiture très intéressant !
    D’autres loueurs locaux travaillent sur le même modèle que celui très bien décrit sur cette page. Notons aussi qu’il faut réserver sa voiture de location en avance pour obtenir des prix beaucoup plus bas,

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