Classe verte à Bali

L’école continue autour du monde. Presque inlassablement, nous vivons au rythme des 3 heures de classe quotidienne, 5 jours en moyenne par semaine. Nous avons quitté notre grande deuxième étape citadine où l’école parait sans doute plus naturelle pour les enfants et nous sommes arrivés à Bali où nous restons 1 mois.

L’ambiance est verte, mais différemment de Singapour car plus agricole… Nous sommes arrivés près d’Ubud dans une maison au milieu des rizières, accueillis par toute une équipe de balinais, vêtus de l’uniforme de la maison et d’une gentillesse toute nouvelle depuis le début de notre voyage. Cinq personnes sont là pour nous aider : un manager, un intendant, une cuisinière, une baby-sitter et un chauffeur. Parfois ils changent de rôle sauf le manager et le chauffeur qui sont les seuls à parler anglais, mais ils sont toujours aussi nombreux et leur bienveillance semblent être leur clé de voûte. J’ai senti pour la première fois du voyage que la classe verte des enfants serait une classe de repos pour leur maman ! A condition d’organiser consciencieusement l’emploi du temps des 3 grands enfants. Le sujet Emile est écarté car une nanny dédie son temps à le suivre partout où il va et à lui éviter les dangers qui sont nombreux maintenant qu’il marche à quatre pattes. Que faire à Ubud ? Rapidement, Google vous emmène vers « Eat, love, pray ». Ubud est le centre artistique et spirituel de l’ile, mais « Eat, love, pray » ne va pas suffire pour nourrir nos enfants. C’est dans le domaine artistique que nous avons trouvé la réponse à leur besoin : ateliers de peinture, de sculpture sur fruits, sur bois… Nous avons franchi la première étape, sans doute la plus importante à chaque destination, trouver comment occuper les enfants pour limiter les temps d’ennuis et de disputes.

Lundi matin, lever à 6h30, les parents commencent une séance de yoga, pendant que les enfants vont et viennent au gré de leurs envies et de leur réveil. En revanche, ils respectent la règle de ne pas faire de bruit à ce moment-là, comme si la culture hindouiste déteignait déjà un peu sur eux. 8h, fin de la séance et petit-déjeuner tous ensemble. Les enfants adorent « commander » des jus, ils ont compris comme c’était agréable de se faire servir avec le sourire et qu’il fallait sans doute en profiter car cela ne durerait pas toujours. Personnellement, j’adore dire « Can I ask you for a ginger tea? ». Evidemment, dans cette ambiance, les enfants ont beaucoup de mal à comprendre qu’il faut quand même aller à l’école. Après les lamentations quotidiennes, obligés de plier, ils se mettent à leur table à 9h. Max et moi, cette fois sans Emile, nous partons sur les routes. Les routes de campagne n’ont pas de trottoir et sont assez fréquentées. C’est ce qu’aime Maxime, surtout quand passent les motos chargées de paniers de riz, moi j’aime moins, surtout quand Maxime refuse de marcher côté campagne car les herbes le piquent… Donc nous essayons de tourner rapidement dans le premier chemin qui traverse les rizières. En deux minutes, règne le calme, Maxime pose des questions sur les animaux que nous croisons, sur les personnes qui travaillent pieds nus dans les rizières et nous nous arrêtons voir couler la rivière en jetant des petits cailloux pour constater qu’ils vont moins vite qu’un Rafale (!!). Puis quand Maxime s’est lassé et réclame la maison, nous reprenons la route et nous arrêtons dans la maison d’à côté où nous regardons les artisans monter des miroirs en mosaïque.

L’après-midi, nous alternons les escapades en famille (sans Emile) et les ateliers artistiques (pour les enfants). Pour Maxime, l’un ou l’autre lui est égal car il est toujours trop petit ou trop grand. Trop grand pour rester avec Emile et trop petit pour rester patient tout au long d’une activité. Mais il est gentil, il suit. Pour les autres, les promenades sur les routes d’antiquaires (et le hasard a voulu que cela se passe souvent sous la pluie) sont trop longues, ils n’aiment pas nos goûts, ils préfèrent largement aller expérimenter l’artisanat local dans les ateliers. C’est d’ailleurs ce que nous voulions leur proposer en choisissant leur classe verte à Bali.

La première après-midi est consacrée au « fruit carving ». Nous les abandonnons 2 heures devant une pastèque et quand nous revenons, à part Maxime qui n’a pas résisté à manger son fruit décoré, Candice et surtout Georges sont fiers de nous montrer les fleurs qu’ils ont réussi à faire dans un fruit vierge. Le prochain atelier est un après-midi de peinture et cette fois oh surprise Candice a produit une vraie et belle peinture que nous serons tous contents de voir affichée ! A chaque fois, nous avons l’occasion de discuter avec les artistes ou artisans qui donnent les cours. Cette fois, fort du succès emporté par le dessin de Candice, le peintre nous a proposé de renouveler l’expérience en famille dans une rizière à côté de son atelier. La troisième discipline proposée aux enfants est le « wood carving ». Ce métier est extrêmement répandu à Bali. Tout au long des routes, s’enchaînent des boutiques vendant des objets de toute tailles en bois sculptés : masques, animaux, portes… Il est sans doute un peu illusoire de croire que les enfants peuvent apprendre les techniques en un après-midi en réalisant un objet fini mais ils ont au moins appris à utiliser sans se couper des lames bien aiguisées (j’exclus Maxime). Enfin, en famille, par une matinée extrêmement pluvieuse, nous sommes allés dans une ferme « organique » apprendre la cuisine balinaise. Après avoir ramassé (sous les parapluies) une partie des condiments dans le potager, nous avons appris à mélanger les épices, les légumes et les viandes pour tester différentes délicieuses recettes…

Ca y est, nous sommes devenus de vrais bobos !

Demain, c’est Nyepi, le nouvel an balinais. C’est une journée de méditation où personne ne doit ni travailler, ni cuisiner, ni même utiliser l’électricité. Chacun doit rester chez soi et méditer, prendre du recul sur sa vie et essayer de la rendre meilleure. Un challenge pour nous car nous avons envie de nous mettre au ton, mais ce sera sans doute plus difficile sans cuisinier, sans baby-sitter, sans électricité, sans sortir de chez soi, et sans ipad !

 

 

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