Afterschool à Brooklyn

Au cours de nos différentes installations, nous adorons prendre nos marques tous ensemble, et créer des routines comme si nous habitions réellement les villes que nous découvrons quelques mois. Les habitudes se créent souvent avec des lieux que nous fréquentons régulièrement, les rituels de l’école, des trajets répétés avec les enfants, les balades. Tout cela nous donne l’impression d’être un peu chez nous, et allonge le temps du voyage.

A Brooklyn, l’Afterschool était un événement très attendu par tous. Pour Candice et Georges, cela signifiait commencer à parler vraiment anglais, et découvrir des activités aussi mystérieuses que la robotique ou les expériences de chimie. Avoir des copains de classe peut-être aussi. Pour Maxime, trop petit pour fréquenter l’Afterschool à San Francisco, c’était la révolution : aller vraiment à l’école, avec ses grands frères et sœurs, entouré de gens qui ne parlent pas français. Devenir GRAND ! Mais un parcours semé d’embûches comme nous le verrons plus bas…

La douceur du printemps New Yorkais aidant, c’est un vrai plaisir que d’accompagner les enfants vers 14h30, s’engouffrer dans la ligne rouge du métro juste en bas de chez nous, au Brooklyn Museum, pour en ressortir à Borough Hall, au pied des grand immeubles autour du City Hall de Brooklyn. Je leur montre la façade du WeWork où je (Victor) passe mes après-midis quand je n’ai pas de rendez-vous à Manhattan. Puis nous descendons Court Street, très animée avec sa musique de rue, ses klaxons, ses schoolbus jaunes, ses ambulances, et parfois le top du top, les déferlements d’énormes camions de pompier rouges aux sirènes hurlantes. Nous traversons Atlantic Avenue, et arrivons à Park Slope, dans un autre environnement, beaucoup plus calme, avec ses petites rues aux Brownstone houses, bordées d’arbres dont les feuilles sortent un peu plus chaque jour. Quand ils ne se bagarrent pas, les enfants s’étonnent de tout ce qu’ils voient, se reprennent les uns les autres sur leur anglais, parlent de leurs activités à venir. La routine… Enfin c’est l’arrivée à la Brooklyn Heights Montessori School, école Montessori qui nous accueillent les après-midis comme des élèves de l’école. Staff pléthorique et aux petits soins, nous découvrons les écoles privées américaines où les enfants sont tous fabuleux, et peuvent pratiquer de multiples activités destinées à stimuler leur curiosité… à condition d’y mettre le prix ! Le financement des études, un stress majeur pour les parents dans toutes les villes que nous avons traversées, et qui nous rappelle les avantages de l’éducation gratuite ou peu chère en France.

Me concernant (Aude), je vais plutôt chercher les enfants le soir. A 18h, après mon après-midi off, c’est-à-dire sans enfant, contente de ce temps de respiration, je le suis également de les récupérer, souvent joyeux car ils ont eu pleins d’activités avec d’autres enfants de leurs âges. Mais vendredi dernier, alors que je croise les animateurs qui, comme chaque jour, m’annoncent que tout est GREAT, great day, great fun, great kids, un des animateurs ajoute « simplement, pourrais-tu juste passer dans le bureau de Molly avant de partir » ? Bien sûr ! Molly est la directrice qui nous a tout au long de l’année envoyé des messages nous disant que toute l’équipe était ravie de nous accueillir et qu’ils nous attendaient avec impatience. Suivie des trois enfants, je me dirige vers le bureau de Molly et une animatrice passant là « par hasard » attrape les enfants en souriant et me dit gentiment « je te les garde pendant que tu vas voir Molly ». Bon… Molly me fait entrer dans son bureau, suivie d’une autre animatrice et nous nous asseyons comme 3 bonnes amies qui vont prendre le thé. Très rapidement, nous abordons le sujet de notre entrevue : « Nous avons un problème avec Maxime ». Ah ! « il ne respecte pas les consignes ». Ah ! « Nous lui avons pourtant expliqué, nous avons même cherché les traductions en français ». Là, Molly me sort une feuille A4 où est écrit en gros « STOP = ARRETER, WALK = MARCHER, HOLD HAND = DONNER LA MAIN » (Indications spécialement utiles quand on sait que Max ne sait pas lire…). « Il ne peut pas s’empêcher de partir en courant quand on va d’une classe à l’autre, alors que tous les enfants sont en rang, il est surexcité donc il doit être content, mais ce n’est pas possible que cela continue car ce sont des consignes de sécurité ». J’acquiesce évidemment, explique que Maxime n’a pas été à l’école cette année et manque sans doute un peu de discipline, et puis parle très peu l’anglais… Mais je les rassure en leur disant que je vais lui expliquer tout cela pour que cela ne se reproduise plus. « Car si cela devait continuer, la première fois, je vous appellerai pour vous passer Maxime au téléphone, mais la deuxième fois, il faudrait que vous veniez le chercher ». Aïe. Il ne faudrait pas que Max vienne chambouler notre emploi du temps parfaitement millimétré… Je n’ai pas osé demander si le retour à la maison serait alors définitif, j’ai préféré penser que Maxime respecterait désormais les consignes… Surtout qu’il est quand même GREAT ! Voilà ce qui peut arriver quand un enfant est déscolarisé quelques temps… Affaire à suivre…

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